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Alger

Algérie : pénuries, paupérisation, la faillite d’un système politico-militaire

Dérèglement du bon sens, du sens commun des choses, et même du sens des réalités, dans cette nouvelle Algérie. Après les dèches quotidiennes, dénuements, privations et infortunes, une revenante sans être attendue, une oubliée depuis, la pénurie d’huile de table, pour ne parler que d’elle, refait surface et fait tache d’huile.

      Juste une fiévrotte au commencent, puis violent coup d’assommoir ! Une agitation étrange s’empare de la population, sournoise à ses débuts, elle devient frénésie au fil des jours. Si le fiévreux parfois divague, bat la campagne et délire, l’halluciné, lui, se voit courir après un bidon d’huile, balayant supérettes et supermarchés, relayant informations et rumeurs, tenant pour vrais les bruits qui courent et pour points de ventes les moindres regroupements qui, souvent, ne le sont pas. Le discernement, déréglé par la  « sainte huile », fait naître des visions incohérentes. Une griserie qui secoue les nerfs ! Un cauchemar à regarder ces chaînes humaines se faire et se défaire ici et là, au gré des humeurs oisives et des envies. Et la moindre mêlée ou bousculade, parfois sans rime ni raison, montre que quelque chose se profile : l’odeur de l’huile de table, sans friture, se fait sentir. C’est lourd et amer à la fois de voir aussi des pratiques malhonnêtes, battre leur plein, un peu partout dans le pays : spéculations éhontées, ventes concomitantes, achats de paniques… et tout cela se fait au su et au vu de tout le monde dans l’indifférence la plus totale. L’huile de table n’est plus sur table, elle se vend sous table en milieu frelaté. Colère à peine contenue causée par le désarroi et l’affolement qui troublent les esprits et les égarent… Vives inquiétudes des lendemains sombres ! La hausse brutale des prix, une mesure foncièrement injuste, discriminatoire et déraisonnable qui accentue les inégalités sociales, conduit inéluctablement à l’effritement de la classe moyenne, et à la paupérisation.

      Quant à l’autorité politique, elle ne se sent à l’aise que dans les assertions mensongères. Elle se complaît dans l’abstraction vide de ses déclarations, et se laisse aller volontairement dans la finasserie. Pour dissimuler son impéritie et l’échec dans la gestion, des pénuries sont provoquées et entretenues à dessein. Comme toujours les vérités sont altérées ou passées sous silence par mesquinerie cultivée.

      Avec cette pénurie d’huile et toutes les autres, avec cette inflation nourrie et ce brouillement qui engendre désordre et confusion, l’huile de table chauffe, la population est excédée et ronge son frein. Mais le mécontentement social continue à tourner en boucle dans les esprits. Toutes désillusions amères et les déboires successifs résultent d’une faillite programmée. Le pouvoir a toujours bâti ses stratégies sur la ruse et le mensonge et reste, dans la continuité, attaché à un système obsolète, honni.
      Et l’adage populaire le rappelle si bien et à juste titre : la caque sent toujours le hareng !

Par Carus

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