mercredi, octobre 27, 2021
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Alger

La rentrée des classes au pays de Baba Tebboune

 « Vive la rentrée ! », partout ailleurs dans le monde civilisé, on l’écrivait, et on continue de l’écrire aujourd’hui sur de vraies ardoises, ou même sur des écriteaux de fortune qui trouvent place dans les vitrines, qui pour la circonstance rayonnent de splendeur, fournitures scolaires et décorations colorées. Mais, en Algérie rien de tout cela, le moral est en berne, pas pour la mort de Boutef, mais pour l’agonie du petit peuple qui se cache pour mourir dignement, comme seuls les Algériens savent le faire, « Ali mout wakaf ».

Oui ! l’école est une petite société, en petit format, où la vie sociale est organisée sur le respect de la vie en commun, et sur la solidarité. Elle est, après la famille, un foyer en grand, un foyer intellectuel et social, et c’est flatteur d’en parler. Si l’esprit de camaraderie et d’amitié restent encore vivants dans les classes et les cours de récréation, l’école, ici, au pays n’est pas le lieu où se fait l’apprentissage de la vie civique et démocratique, triste réalité !

Parlons du transport scolaire, le calvaire, au quotidien, de nos écoliers. Par chance et pour l’occasion, le ramassage se fait souvent en camion-benne ou en tracteur agricole, et rien de bizarre ni d’étrange ! A la montée, une joie contenue se lit dans l’enjouement, et fines plaisanteries et rigolades à l’arrivée. Et puis au retour, comment s’y prendre ? Quant au sac à dos, à la fausse souplesse de cuir, et à la solidité d’acier, plein à craquer de livres et de cahiers difficilement rangés et  compactés, vient tasser les vertèbres du dos endolori des enfants comme une carcasse éviscérée suspendue à une esse de boucher.

Insupportable supplice qui dure le temps des aller et retour de l’école au logis. Et puis vient ce simulacre de classe à huit élèves qui fait diablement rêver : tableau numérique et tablettes sur tables exposées. Du déjà vu, cette mise en scène savamment orchestrée. Une classe modèle, atypique qui tombe en persiflage et en éloges ironiques, poussée à la louange mensongère des chaînes-télé. Et les naïfs appâtés boivent le calice, et avalent les couleuvres sans broncher. A ce propos pourquoi ne pas encourager l’émulation que de vendre des rêves ? Cette inclination dans le travail qui pousse à imiter, et même à surpasser les autres en ce qu’ils ont de louable. Cette émulation s’est désormais évaporée, et plus aucune motivation ne vient appuyer les apprentissages. Elle est considérée comme une bassesse méprisable et  » normal !  » entendons-nous dire, et ce mot déplacé heurte les convenances.

Le baccalauréat, ce Bac   » en frac  » avec 9 de moyenne, une bourde qui excite la risée, une décision saugrenue qui gâte et amoindrit la fierté pour un diplôme coté. Le baccalauréat reste à jamais  cette couronne de laurier qu’il faut mériter de porter. Enfin, par les temps qui courent, en terminale, comment aborder en philosophie les thèmes épineux sur le liberté,  la justice et la démocratie ? Toute hésitation, tergiversation ou confusion serait ridicule et attentatoire à la liberté même. 

Entre nous, cela ne sert à rien de tempêter contre la pluie et le soleil, l’école algérienne est aux abois, elle est belle et bien sinistrée. Par respect à l’école gardons une colère mesurée.

Par Carus.

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1 COMMENTAIRE

  1. C’est à l’école que les enfants apprennent à se gouverner eux-mêmes sous les orientations de leurs enseignants en vue de faire usage de leur liberté, et plutard être des citoyens conscients et éclairés . Mais l’école algérienne, transformée en garderie n’a rien de tout cela et se confine dans la médiocrité.

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