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Les « dit-tout » de D. Benchenouf

Dites-moi mes chers amis ! Vous n’êtes pas à ras-le bord, à ras le bol de toutes ces mauvaises nouvelles, qui nous assaillent de partout ? Que des mauvaises nouvelles, rien que des mauvaises nouvelles ! Chaque jour pire que le précédent, et certainement meilleur que demain. Comme si dans ce malheureux pays, et venant de ces gens qui nous gouvernent, il ne peut rien se passer qui soit réjouissant, comme si sur cette terre bénie il ne peut pousser que du chardon ! Comme si dans cette société nous ne pouvons que broyer du noir ! Un pays où ne connaissons que la sècheresse ou l’inondation, le gaspillage ou la pénurie, le despotisme ou l’anarchie, la peste ou le choléra.

Mettez-vous un peu à la place du journaliste, cet émissaire de la nouvelle, bonne ou mauvaise ! Et imaginez-le dans un pays où il n’y a que des mauvaises nouvelles, chaque jour plus graves, chaque jour plus alarmantes. Vous imaginez un peu ? Vous vous mettez à sa place ? Contraint de jouer ad vitam le rôle de cassandre, de l’oiseau de malheur. La pression intolérable qu’il subit, sous cette averse de catastrophes, imbibé jusqu’à la moelle de sinistrose, enfermé dans la même perspective plombée, sans horizons, sans autre promesse que celle du pire ? Vous imaginez ?

Ah, comme j’aurais aimé que ce soit différent. Comme j’aurais aimé être comme mes confrères des autres pays, qui vivent dans des pays normalement gouvernés, où les sociétés ont des règles, où les citoyens sont liés par un contrat social, où les droits du citoyen sont sacrés, où la Cité n’est pas une jungle. J’aurais tant aimé être ce porteur des bonnes nouvelles, ne vous annoncer que le meilleur. Ah oui, comme j’aurais aimé ! J’en rêve !

Oui, je rêve, et mes confrères avec moi, de pouvoir chaque jour enfourcher l’arc en ciel d’Iris, pour venir après chaque ondée bienfaisante, vous livrer les promesses de blondes moissons.

Ah, si je pouvais m’inviter chaque jour chez vous, la joie en bandoulière, heureux d’être le messager du bonheur, vous dire notre fierté d’être si bien gouvernés, vous dire combien notre Algérie est heureuse, combien nos gouvernants sont compétents, intègres, combien notre justice est exemplaire. J’aimerais tellement pouvoir enfin chanter les louanges d’une méritocratie qui aura réussi à faire revenir les millions de nos compatriotes de leur exil, à construire et entretenir des hôpitaux parmi les meilleurs du monde, et qui aura réussi le prodige de relever ce pays de l’ornière, pour le porter au pinacle des nations, où l’école est un tremplin pour la réussite sociale, où l’université est un pôle d’excellence, où la quiétude publique est un exemple de stabilité politique, où les élections sont de vraies élections, où les élus ont été choisis parce qu’ils sont les meilleurs parmi nous, par leur dévouement, par leur intégrité, par leur abnégation. Un pays où les partis politiques ne sont pas des cavernes d’Ali Baba, où les pouvoirs sont séparés, où la presse est indépendante, où le président de la République a été désigné par le peuple.

Ah, comme j’aurais voulu être dans ce rôle, vous apporter chaque jour de la joie et de la fierté de vivre dans une si vertueuse république. Combien agréable aurait été ce travail que nous faisons, mes confrères et moi, de pouvoir enfin communier avec nos compatriotes, tous nos compatriotes, gouvernants y compris, dans un pays où il fait bon vivre, où nul n’est opprimé, ou l’armée est au service du peuple, où les fonctionnaires, et autres douaniers ne vivent que de leurs salaires, où il y a de vrais capitaines d’industries, et non pas des requins qui fraient avec les mafiocrates, où les personnes en situation de handicap sont des citoyens à part entière, où la femme jouit de la plénitude de ses droits, où les enfants abandonnés sont réellement les pupilles de la nation, où les prisons ne sont pas des bains de macération, où la culture est le cœur de la société, où l’artisanat est couvé, où nos casbahs sont l’objet de soins attentifs, où nos villes brillent de propreté, où les espaces verts foisonnent, où l’urbanisme est au cœur de la cité, où les transports sont fluides et accessibles partout et pour tout le monde.

Ah, comme j’aurais voulu être ce messager de ces bonnes nouvelles. Ah, Si j pouvais venir vous annoncer que Tebboune a décidé de démissionner, et d’organiser lui-même des élections anticipées, parce que sa conscience ne le laissait plus dormir, et qu’il ne pouvait plus se résigner à accepter d’être un président fantoche, imposé par une junte.

Comme j’aurais bien voulu vous annoncer que le Hirak a repris, mais avec 40 millions d’Algériens cette fois-ci, y compris avec les bébés, et même nos malades en fin de vie, et qui tous brandissent le drapeau national, pour dire tous ensemble basta ! Pour dire tous ensemble que cette fois-ci, nous sommes décidés à recouvrer notre souveraineté sur notre cher pays, que nous ne laisserons plus personne nous tromper, nous diviser, nous terroriser.  Comme j’aurais voulu être le porteur de ces bonnes nouvelles, plutôt que de ne broyer que du noir.

Mais qui sait ? 

Ce rêve de bisounours obstiné va peut-être se réaliser, et peut-être même plus tôt qu’on ne pense. Je m’y prépare déjà, et je me vois déjà, depuis ce plateau, à sauter de joie comme un cabri, avant de vous lancer le plus joli bouquet de bonnes nouvelles que nous n’aurez jamais espéré. Bedwam, el kotra tetkob erkhem. Essaad el fel yesaadlek.

Par Djamaleddine Benchenouf

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5 Commentaires

  1. Sommes-nous dans un rêve-éveillé ?… Comme j’aurais aimé, disait Dj.Benchenouf … Bel écrit, avec un brin de magie, un brin d’espoir et une dimension onirique … En tout cas une superbe escapade qui nous donne du baume au cœur, et qui nous pousse à délecter la liberté, le temps d’une courte lecture … Au réveil ! … Le pain quotidien et triste réalité .

  2. Sommes-nous dans un rêve-éveillé ? … Et comme j’aurais aimé être…,disait Dj.Benchenouf … Bel écrit avec un brin d’espoir, un brin de magie et une dimension onirique … En tout cas, une superbe escapade qui nous donne du baume au cœur, et qui nous pousse à délecter la liberté, le temps d’une courte durée de lecture … Au réveil, le pain quotidien et triste réalité .

  3. Comme j’aurais aimé être … ! disait Dj.Benchenouf … Sommes-nous dans un rêve-éveillé ? … Bel écrit avec un brin d’espoir, un brin de magie et une dimension onirique… En tout cas, superbe escapade qui nous donne du baume au cœur, et qui nous pousse à délecter la liberté le temps d’une courte durée de lecture … Au réveil, le pain quotidien, et triste réalité.

  4. Comme j’aurais aimé être…, disait Dj.Benchenouf … Sommes-nous dans un rêve-éveillé ? … Bel écrit avec un brin d’espoir, un brin de magie et une dimension onirique… En tout cas , superbe escapade qui donne nous du baume au cœur, et qui nous pousse à délecter la liberté, le temps d’une courte durée de lecture . Au réveil, le pain quotidien et triste réalité.

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